> ARTICLE DU MONDE – AU CHU DE NICE, LE MODÈLE MANAGÉRIAL EN ACCUSATION

C’est un plan social déguisé : on cherche à épuiser pour faire démissionner de force, martèle le professeur Thierry Piche.

Ce gastro-entérologue au CHU de Nice accuse la direction de l’hôpital de « harcèlement moral systémique ». C’est lui qui a saisi le parquet de la préfecture des Alpes-Maritimes, comme l’avait révélé le journal Le Parisien, le 28 janvier. Une première plainte avait été déposée pour harcèlement dans l’établissement en octobre 2025.
Cible de ces plaintes, Rodolphe Bourret, le directeur général, prend ses fonctions en février 2023 dans un établissement en grande difficulté. Le CHU est classé troisième hôpital le plus endetté de France. Le nouvel arrivant met en place un modèle de gouvernance inédit en France, baptisé « délégation polaire » : en théorie, il s’agit de « rendre l’hôpital aux médecins » pour qu’il devienne « magnétique », dit-il. En pratique, le dispositif,  inspiré d’un modèle américain, vise à confier à des médecins, nommés en tant que « chefs de pôle », la gestion de leur budget, de l’équilibre financier de leur service, du recrutement ainsi que d’autres tâches administratives. Avec, à la clé, une prime variable liée au respect des objectifs.

« Quand le médecin décide, le coeur de la décision n’est plus administratif », explique alors Rodolphe Bourret sur les plateaux de télévision. 

​Le modèle, déjà mis en place dans un autre établissement à Valenciennes (Nord) – où Rodolphe Bourret a également officié jusqu’en 2023 –, a alors les faveurs du gouvernement : Agnès Buzyn, ministre de la santé jusqu’en février 2020, le juge enthousiasmant et, en 2023, Emmanuel Macron dit souhaiter que « les médecins puissent prendre une part plus active dans les décisions directes des hôpitaux ». 

Mais une partie du personnel hospitalier de Nice ne partage pas le même enthousiasme et estime que la restructuration a été dévoyée pour installer un « harcèlement institutionnel » dans le but de réduire la masse salariale. Avec, en toile de fond, l’horizon d’une suppression d’environ 1 000 postes, à la suite d’un constat de surplus de personnel par l’agence régionale de santé (ARS) de Provence- Alpes-Côte d’Azur. Le chiffre, cité par plusieurs membres de la direction et présent dans certains échanges de courriers consultés par le Monde, est connu dans tout le CHU. La direction de l’hôpital assure « n’avoir jamais reçu de consignes de supprimer ces postes » de la part de l’ARS, et avoir, au contraire, « embauché 197 personnes depuis 2019 ». Contactée, l’ARS, elle, refuse tout commentaire.

« Notre hiérarchie compte tout » Dès les prémices de la restructuration niçoise, en  décembre 2024, huit anciens très hauts cadres de l’établissement (directeurs adjoints du CHU, directeurs d’hôpital et directeurs des soins) avaient dénoncé un management « délétère, voire toxique », et une « improvisation totale » dans la mise en place du  projet. Ils avaient alors saisi le Centre national de gestion, organisme rattaché au ministère de la santé chargé des nominations des cadres hospitaliers. Contacté, celui-ci indique « ne pas souhaiter communiquer sur des cas individuels ». Au même moment, le médecin du travail du CHU, Jean-Yves Massimelli, adressait un email à la direction du CHU ainsi qu’au Centre national de gestion et au directeur de l’ARS. Il écrivait : « La souffrance de nombreuses personnes employées au CHU de Nice est patente. (…) Cette souffrance est particulièrement préoccupante, à la fois pour la santé des personnes et pour la qualité des soins délivrés aux patients. »

Si tous les observateurs s’accordent sur la nécessité de réformer un hôpital en très mauvaise santé, de nombreux médecins, chirurgiens, infirmières, aides-soignantes et agents de service interrogés par Le Monde dénoncent un système « brutal » et relatent une situation « de plus en plus difficile ». « C’est du harcèlement institutionnel organisé », estime un haut cadre. Comme tous les témoins, il demande à conserver l’anonymat. « Toute personne qui se plaint du système est vue comme déloyale. » « La stratégie de redressement financier se traduit par une pression constante sur le personnel, alors que nous sommes déjà dans un contexte fragile de sous-effectifs et de tensions structurelles », abonde une cadre. Plusieurs médecins et chirurgiens rapportent « être régulièrement culpabilisés sur la mauvaise rentabilité » de leur service. « Désormais, notre hiérarchie compte tout : quand on dit qu’un néon ne marche pas, on nous dit, non mais attends, tu sais combien coûte un néon ? », ajoute une aide soignante, présente dans le même service depuis plus de trente ans. Face aux arrêts maladie qui se multiplient, elle dit travailler « en conditions dégradées constamment » et en avoir fait part à sa hiérarchie. 

A tous les échelons, le personnel raconte une charge de travail qui ne cesse d’augmenter et une perte de sens dans les missions. Plusieurs personnes citent des endormissements au volant, des crises de larmes et de rage intempestives. De nombreux témoignages racontent « des tensions et disputes de plus en plus nombreuses dans les équipes », et l’impression « de mettre en danger les patients ». 

Un chirurgien décrit la « désorganisation de son service qui aggrave les risques infectieux », une personne travaillant au service de réanimation néonatale assure avoir rédigé plusieurs « fiches d’événements indésirables » « sans réponse écrite » simplement une réponse orale : « C’est comme ça, comme si c’était normal. » « Nous, les soignants, on est résilients. On sait comment retenir notre respiration pendant une longue période de crise, ajoute une aide-soignante. Mais là, on dirait une asphyxie organisée. » Les agents de service, notamment chargés de l’entretien et plus précaires, sont en première ligne. Face aux modifications « violentes » des plannings et des cadences, ils lancent des pétitions, manifestent sur le parvis de l’hôpital. « En réunion, quand on exprime notre angoisse, la seule réponse qu’on nous fait, c’est qu’on nous entend mais qu’on n’acceptera pas le chantage à l’arrêt maladie », relate l’une d’eux.
« On nous a vendu un système merveilleux avec le vocabulaire qui va avec : “bottom-up”, “hôpital magnétique”, etc. Au début, j’étais ravi. Plus maintenant », regrette un professeur de médecine. « Le système Bourret, c’est un système de cour avec des vassaux. Mais le corollaire pour faire partie du premier cercle, c’est d’obéir », explique un ancien chef de pôle de l’hôpital de Valenciennes. Lui aussi dénonce un « harcèlement brutal » de la part de son ancien directeur. Des signalements ont d’ailleurs été lancés en 2020 et 2021 au Centre national de gestion et à l’ARS des Hauts-de-France, une situation finalement réglée en interne.

« Collègues revanchards »
Les chefs de pôle niçois, eux, font bloc derrière la direction, de même que la commission médicale d’établissement. « C’est une vraie innovation dans le système de soins en France qui attise visiblement (…) un réflexe corporatiste accompagné de façon très isolée par de rares collègues revanchards qui instrumentalisent l’inquiétude légitime de certains agents pour soutenir leur thèse », analyse Michel Carles, infectiologue et chef de pôle.
La direction de l’hôpital réfute aussi tout harcèlement moral. « Nous sommes très regardants sur la bienveillance au travail et mobilisés pour apporter des réponses dans chaque cas », précise Rodolphe Bourret, qui estime être arrivé dans « un établissement au bord du gouffre » et regrette « la volonté de certains de démolir le long et difficile processus de sauver un CHU ». Et d’énumérer « la procédure du Centre national de gestion, classée sans suite, [et] une inspection de six mois de l’inspection générale des affaires sociales, concluant qu’il n’y avait pas d’élément de plainte concernant la gouvernance ». Autant d’éléments que Le Monde n’a pu confirmer faute d’accès à ces documents. Le parquet de Nice, saisi le 28 janvier, estime que ces plaintes « doivent faire l’objet d’un suivi et d’une réponse aussi rapide que possible pour ne pas laisser traîner ». Les auditions ont débuté le 9 février.

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> ARTICLE « LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN » – PR THIERRY PICHE « FACE A CE QUI ME SEMBLE ETRE DU HARCÈLEMENT, IL ME FALLAIT ALERTER LA JUSTICE »

Le Pr Thierry Piche, 58 ans, gastroentérologue au CHU de Nice et ancien président de la CME, met en cause la direction de l’hôpital pour des faits présumés de « harcèlement institutionnel », dans un contexte de restructuration de l’établissement. 

Un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale a été fait auprès du procureur.

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> CSE EXTRAORDINAIRE DU 13 FÉVRIER – UN MÉPRIS DE PLUS DE LA DIRECTION!

Alors que les élu(e)s de la CGT avaient demandé un CSE extraordinaire pour traiter de la question du retrait du projet de réorganisation du bionettoyage / Logistique d’étage la Direction a transformé unilatéralement la question à l’ordre du jour, en point du suivi du projet, question qui relève de la F3SCT du comité.

En reconnaissant lui-même cette erreur le Directeur général a continué à mépriser l’instance et ses élus en poursuivant dans sa logique brutale du passage en force.

La CGT est intervenue en lisant une déclaration (voir ci-dessous) et en proposant au vote une motion (voir ci-dessous) dont le Directeur général a de nouveau refusé le vote.  Décidément, la démocratie n’existe pas dans cet établissement !

LE DOCTEUR LITRICO (ADJOINT DU PRÉSIDENT DE LA CME) PARLE D’UN AUDIT !

La seule réponse, apportée ce jour en instance est un audit « externe » piloté par la CME et le Service d’Hygiène, qui sera réalisé dans un délai de trois mois afin d’ajuster et d’optimiser l’organisation.

Où est l’indépendance et la neutralité d’un tel audit ??? La CGT n’est pas dupe et assume pleinement ses positions. Nous demandons l’arrêt des projets de réorganisation.

Aucune neutralité n’est garantie sans cahier des charges qui serait validé par un véritable débat démocratique. La Direction se cache une nouvelle fois derrière de faux semblants et essaie de passer de nouveau en force sans garantir que tout le monde sera autour de la table.

POUR LA CGT :

► Un audit ne sauve aucun poste.

► Un audit ne stoppe aucune suppression de contrat.

► Un audit piloté par la CME, c’est du temps gagné… pour la direction et pour d’autres.

PENDANT QU’ON “AUDITE”, LES CONTRATS S’ARRÊTENT.

PENDANT QU’ON « AUDITE », LES ASH DU POLE DIGITUNED SONT EN SOUFFRANCE.

PENDANT QU’ON “DISCUTE”, LE PROJET DESTRUCTEUR DU BIONETTOYAGE AVANCE.

Et pendant ce temps-là, FO parade avec un tract. Plutôt que de défendre les salariés, ils se victimisent. Plutôt que d’assumer leurs positions, ils cherchent à faire passer d’autres syndicats pour des agresseurs. Cette diversion est manipulée et accompagnée par une Direction à la dérive qui cherche à gagner du temps (Elections municipales & certification). C’est une tentative de décrédibiliser celles et ceux qui se battent réellement.

Alors que FO vote POUR le projet du bionettoyage / Logistique d’étage, le fait de demander un audit de ce même projet est la preuve du peu de sérieux de leur avis rendu lors du CSE du 11 Juillet 2026. L’appel à la négociation est un leurre supplémentaire !

Des annonces et des mots et sur le terrain toujours moins de postes, toujours plus de précarité. Toujours plus de souffrance !!! LA VERITE, C’EST QUE RIEN N’A ETE OBTENU !

Pour la CGT, les acteurs de terrain se sont pourtant largement exprimés aussi bien auprès de leurs encadrants et responsables dans les services, auprès des Médecins de Santé au Travail, mais aussi à diverses reprises notamment par le biais de pétitions, de rassemblements… Mais le choix de la Direction et de FO est manifeste d’ignorer leur parole, leur crainte légitime, leur souffrance.

La CGT ne négociera pas l’inacceptable. Les agents méritent mieux que des tracts d’autosatisfaction. Ils méritent un vrai rapport de force. La lutte doit continuer.

Nous exigeons :

► L’arrêt immédiat des fins de CDD

► Le maintien de tous les postes

► La reprise des mises en CDI

► Le retrait du projet de réorganisation du bionettoyage

FACE AUX SUPPRESSIONS DE POSTES PAR LA DIRECTION ET AUX MANŒUVRES DE FO, 

LA CGT EST DU COTE DES AGENTS

NE LAISSONS PERSONNE DÉCIDER A NOTRE PLACE

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> APPEL A MOBILISATION LE JEUDI 19 FEVRIER A L’HÔPITAL DE L’ARCHET

Face au mépris de la Direction et à la souffrance des ASHQ du pôle DIGITUNED nous exigeons le retrait immédiat du projet de réorganisation car les agents doivent être entendus.

 

Reporter de trois mois pour les autres pôles n’est que gagner du temps. NOUS NE SOMMES PAS DUPES !

La CGT appelle les agents du CHU de NICE à se mobiliser le plus largement possible pour soutenir leurs collègues

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> PAROLES DE PROFESSEUR CONTRE PAROLES DE PROFESSEUR

Le Professeur Michel CARLES défend la Direction du CHU de Nice: « Ce qu’on vous raconte ce sont des fables….. »

A la suite du dépôt d’un article 40 au Procureur de la République pour harcèlement moral institutionnel…

Le professeur Thierry PICHE défend les agents du CHU de Nice: « Je veux simplement protéger les agents… »

ARGENT OU PROTECTION DES AGENTS ? 

LA CGT SERA TOUJOURS AUX CÔTES DES AGENTS !

Au CHU de Nice, tout semble aujourd’hui se décider au nom de l’équilibre financier : économies, réorganisations, suppressions de postes. Cette logique fait du travail une simple variable d’ajustement, au prix d’une pression constante sur les agents.

Sur le terrain, les conséquences sont claires : sous-effectifs, surcharge de travail, épuisement professionnel. Quand les agents craquent, on parle d’individus fragiles, jamais d’organisations défaillantes.

Face à cette logique comptable, la CGT défend un autre choix : la protection des agents.

Protéger, ce n’est pas refuser toute évolution, mais refuser qu’elle se fasse contre celles et ceux qui font vivre l’hôpital. La santé des personnels n’est pas négociable.

On ne peut pas parler de qualité du travail et de qualité de vie au travail tout en imposant des organisations destructrices. 

LES AGENTS NE SONT PAS RESPONSABLES DU DÉFICIT.  SACRIFIER LEUR SANTÉ FRAGILISE DURABLEMENT L’HÔPITAL PUBLIC.

L’ARGENT DOIT RESTER UN OUTIL, JAMAIS UNE FINALITE.
PROTEGER LES AGENTS, C’EST PROTEGER LES PATIENTS ET 

L’AVENIR DU SERVICE PUBLIC HOSPITALIER.

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> CE PROFESSEUR MÈNE LA FRONDE CONTRE LA RESTRUCTURATION DU CHU

ARTICLE DU NICE MATIN DU 1 FREVRIER 2026

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